Par Bruno Marchand · Publié le 16 septembre 2026
Le tubage d’une cheminée ancienne est obligatoire dans la quasi-totalité des cas dès que vous installez un appareil de chauffage neuf : insert, poêle à bois, foyer fermé : dans un conduit existant. Sans cette mise en conformité, l’installation ne respecte pas les normes françaises, votre assurance habitation peut refuser d’indemniser en cas de sinistre, et le risque d’intoxication au monoxyde de carbone est bien réel.
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Les cheminées à foyer ouvert construites avant les années 1980 présentent des conduits souvent fissurés, mal dimensionnés ou incompatibles avec les appareils modernes. Un conduit non tubé laisse filtrer les gaz de combustion dans la maçonnerie, génère des pertes de tirage importantes et provoque des retours de fumée dans les pièces. Le tubage est la réponse technique qui sécurise durablement l’installation de chauffage.
Qu’est-ce que le tubage d’un conduit de cheminée ?
Tuber un conduit, c’est insérer à l’intérieur de l’ancien conduit maçonné un nouveau conduit étanche, généralement en inox ou sous forme de flexible, qui assure seul l’évacuation des fumées de l’appareil raccordé. Ce tube intérieur isole les gaz chauds de la structure du bâtiment, protège la maçonnerie des condensats acides et garantit un tirage régulier tout au long de la saison de chauffage.
On distingue le tubage flexible et le tubage rigide. Le flexible s’impose dans les conduits coudés ou inaccessibles : souple, il épouse les irrégularités du profil sans travaux de démolition. Le rigide, assemblé par sections d’inox, convient aux conduits droits et offre une meilleure longévité face aux températures élevées des fumées de bois. Pour comprendre le rôle précis d’un conduit dans une installation de chauffage, consultez notre guide sur le choix du conduit de fumée.
Le tubage d’une cheminée ancienne n’est pas une simple formalité administrative. C’est une transformation technique complète qui change la nature même du conduit : d’un simple canal maçonné à caractère décoratif, il devient un système d’évacuation certifié, dimensionné pour l’appareil raccordé et conforme aux exigences réglementaires françaises actuelles.
Le tubage d’une cheminée ancienne est-il vraiment obligatoire ?
La réponse est oui dans la grande majorité des situations. La norme DTU 24.1 impose que tout appareil de chauffage soit raccordé à un conduit adapté à ses caractéristiques : température maximale des fumées, diamètre intérieur et tirage. Un ancien foyer ouvert ne satisfait aucune de ces conditions pour un insert ou un poêle moderne. La section du conduit ancien est calculée pour les volumes de fumée importants d’un foyer ouvert, non pour les débits maîtrisés d’un appareil à foyer fermé.
L’installateur professionnel est tenu de tuber le conduit avant toute mise en service d’un appareil neuf. Ignorer cette obligation expose le propriétaire à une responsabilité directe en cas d’incendie ou d’accident. Les parois poreuses et la section surdimensionnée d’un ancien conduit génèrent des turbulences incompatibles avec les exigences d’un poêle ou d’un insert moderne.
D’après Service-Public.fr (2026), certaines mairies ou préfectures interdisent l’utilisation des foyers ouverts pour des raisons de qualité de l’air. Opter pour un appareil fermé, correctement tubé, protège à la fois la santé des occupants et la conformité réglementaire du logement. Si vous envisagez un poêle à granulés dans votre ancienne cheminée, notre dossier sur l’installation d’un poêle à granulés dans une cheminée existante détaille toutes les contraintes spécifiques à cet appareil.
Un seul cas échappe à l’obligation stricte : conserver un foyer ouvert décoratif sans y raccorder d’appareil neuf. Dans ce cas, le conduit n’est soumis à aucune obligation de tubage, mais le ramonage annuel reste obligatoire pour des raisons de sécurité incendie et d’assurance. Notre article sur le ramonage et les assurances explique ce que votre assureur attend concrètement de vous chaque année.
Ce que disent les chiffres
Quels sont les types de tubage disponibles pour une cheminée ancienne ?
Le choix du tubage dépend de la configuration du conduit, du combustible utilisé et des caractéristiques de l’appareil de chauffage. Quatre solutions coexistent sur le marché en 2026, chacune adaptée à une situation précise.
| Type de tubage | Matériau | Adapté pour | Avantage principal |
|---|---|---|---|
| Flexible inox | Inox 304 ou 316 | Conduits coudés, cheminées anciennes | Pose rapide, s’adapte aux irrégularités |
| Rigide inox | Inox 316 | Conduits droits, inserts haute température | Durabilité et résistance thermique élevées |
| Conduit coulé | Béton réfractaire | Conduits très dégradés ou irréguliers | Étanchéité totale, très longue durée de vie |
| Tubage PPS | Polymère haute performance | Chaudière à condensation gaz | Léger et économique pour basse température |
Pour un poêle à bois ou un insert, l’inox 316 est la référence absolue : il résiste aux condensats acides et aux températures de fumées pouvant dépasser 400 °C lors d’une combustion vive. L’inox 304 convient aux températures plus modérées. Le conduit coulé reste la solution radicale pour les conduits très anciens : on injecte un béton réfractaire qui crée une gaine homogène et totalement étanche, idéale pour les bâtiments dont les conduits en briques ont subi des décennies d’usure.

Comment tuber une cheminée ancienne : les étapes de la pose
Le tubage d’un conduit de cheminée suit un protocole précis. Voici les étapes dans l’ordre logique d’une installation réussie, de l’inspection initiale jusqu’à la mise en chauffe de l’appareil.
- Diagnostic du conduit existant : un professionnel inspecte le conduit avec une caméra endoscopique pour repérer les fissures, les déformations, les coudes et mesurer la section intérieure réelle. Cette étape conditionne le choix du type de tube.
- Ramonage et nettoyage préalable : le conduit est ramoné en profondeur avant toute intervention. L’attestation de ramonage est un prérequis indispensable, exigée par les assureurs en cas de sinistre.
- Dimensionnement du tubage : le diamètre intérieur est calculé selon la puissance nominale et le type d’appareil. Un insert de 10 kW n’exige pas le même diamètre qu’un poêle de 6 kW : se tromper sur ce point dégrade le tirage et la combustion.
- Descente et fixation du tube : le flexible ou le rigide est descendu depuis le sommet du conduit, raccordé à l’appareil de chauffage en bas et obturé en tête de cheminée par un chapeau adapté qui empêche les intrusions d’eau et d’animaux.
- Isolation de l’espace annulaire : le vide entre le tubage inox et l’ancien conduit est comblé avec de la laine minérale réfractaire ou un béton léger pour assurer l’isolation thermique et stabiliser le tirage en toutes saisons.
- Test de tirage et mise en service : un test valide la qualité de l’installation avant la première mise en chauffe. L’installateur remet ensuite une attestation de conformité, document clé à conserver absolument.
L’erreur à éviter
Combien coûte le tubage d’une cheminée en 2026 ?
Le budget varie selon la hauteur du conduit, le type de tube et la complexité de la pose. Pour un conduit classique de 6 à 8 mètres, comptez entre 800 et 2 500 euros pose comprise, en confiant les travaux à un ramoneur-fumiste ou un installateur qualifié.
Le tubage flexible inox est la solution la plus accessible : 100 à 200 euros par mètre linéaire pose incluse. Le conduit coulé revient entre 150 et 300 euros par mètre, mais garantit une étanchéité parfaite sur des conduits en mauvais état. Ces prix s’entendent hors fourniture de l’appareil de chauffage, qui représente souvent le poste budgétaire le plus important de l’opération.
Pensez à demander au moins deux ou trois devis auprès de professionnels certifiés, car les tarifs varient fortement selon les régions et la spécialisation des intervenants. Par ailleurs, certains travaux de tubage réalisés dans le cadre de l’installation d’un appareil labellisé Flamme Verte 7 étoiles ouvrent droit à des aides financières via MaPrimeRénov’. Le montant dépend des revenus du foyer et de la nature des travaux engagés.
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Quelles normes encadrent le tubage de cheminée ?
Le tubage est encadré par la norme DTU 24.1, document technique unifié qui définit les règles de conception, de dimensionnement et de pose des conduits de fumée en France. Elle impose le choix du tubage en fonction du type d’appareil raccordé, de sa puissance nominale et de la température maximale des fumées en régime continu. La norme européenne EN 1856 certifie quant à elle la qualité des conduits en inox utilisés pour le tubage.
L’attestation de conformité délivrée par l’installateur à la fin des travaux est un document à conserver précieusement. Elle prouve que l’installation respecte les normes en vigueur : indispensable pour votre assurance habitation en cas de sinistre et à présenter obligatoirement lors de la revente du bien. Un conduit tubé et certifié conforme protège également les occupants contre les risques d’intoxication au monoxyde de carbone, gaz invisible et inodore dont les effets peuvent être mortels selon les autorités sanitaires françaises.
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